Le roi Mohammed VI du Maroc s'est rendu samedi à Marrakech visée par un attentat meurtrier qui a fait 16 morts, dont sept Français, contre un café du coeur touristique de la ville.
Au milieu d'un strict dispositif de sécurité et sous les saluts de centaines d'habitants, il a fait une halte de quelques minutes sur la place Jamâa El-Fna, où s'est produit jeudi cette attaque, la plus meurtrière dans le royaume depuis 2003.
Le souverain s'est arrêté devant le café Argana qui a été soufflé par l'explosion d'une bombe commandée à distance, et où des couronnes et des bouquets de fleurs ont été déposés samedi matin, en hommage aux victimes.
Cet attentat n'a toujours pas été revendiqué, mais les autorités ont mentionné un procédé qui fait penser aux émules d'Al-Qaïda.
"Vive le roi", ont lancé des groupes de badauds, qui brandissaient des drapeaux marocains et des photos de Mohammed VI, qui a succédé à son père Hassan II en 1999.Plusieurs centaines de policiers et d'agents de sécurité avaient été déployés à Marrakech pour cette visite royale.
Il est ensuite allé à l'hôpital Ibn-Tofail, où se trouvent selon l'agence marocaine Map sept blessés, deux Marocains et cinq Français, ainsi qu'à l'hôpital militaire, où deux Néerlandais, deux Français et un Marocain reçoivent des soins.
Avec 16 morts et 25 blessés, l'attaque de jeudi est la plus meurtrière au Maroc depuis les attentats islamistes de mai 2003 à Casablanca qui avaient tué 33 personnes, ainsi que les 12 kamikazes impliqués.
L'attentat n'a pas découragé les touristes, qui sont une source de revenus indispensables pour ce pays d'Afrique du nord de 32 millions d'habitants, épargné jusqu'ici par les violences qui secouent la région depuis le début de l'année.
"Il y a eu quelques annulations, mais peu jusqu'à présent, rien de dramatique.Ca se compte par dizaines", a assuré à l'AFP le ministre du Tourisme, Yassir Zénagui.
"C'est très loin de ce qu'on aurait pu penser", a-t-il ajouté, se disant même "surpris".
Dès jeudi, le roi, qui fait face à des demandes de réformes depuis le début de l'année, avait ordonné une enquête rapide et transparente et demandé que l'opinion publique soit tenue au courant de son déroulement.
Selon un haut responsable de la sécurité, il n'y a pas eu d'arrestation, mais les déclarations de deux touristes néerlandais ont permis d'établir le portrait-robot d'un suspect.
Il s'agirait d'un Arabe, jeune, bien rasé et aux cheveux longs qui a été vu au café Argana, quelques minutes avant l'attentat.
Le gouvernement marocain a mentionné un procédé qui fait penser à Al-Qaïda."La manière dont cet acte a été exécuté nous rappelle le style utilisé d'habitude par l'organisation Al-Qaïda", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Taieb Cherkaoui.
Il a estimé que "l'hypothèse du kamikaze", avancée dans un premier temps, était désormais "exclue".
Des experts américains, français et espagnols participent à l'enquête sur l'attentat, a indiqué à l'AFP un haut responsable du ministère de l'Intérieur.
Sept des personnes décédées sont de nationalité française, mais le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant a estimé dans Le Journal du Dimanche que "rien ne permet d'affirmer" que la France était visée par l'attentat.
M. Guéant a souligné qu'"il faut attendre la revendication" pour savoir si Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a organisé l'attentat qui, dit-il, lui "rappelle" ceux de 1995 à Paris.
Par ailleurs, l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités marocaines à ne pas commettre "d'abus graves" sur les éventuels suspects et à ne pas "bloquer" les réformes démocratiques engagées récemment.
Human Rights Watch rappelle avoir dénoncé par le passé "de nombreuses violations des droits humains des suspects de terrorisme au Maroc".L'ONG cite le cas de la répression qui s'est abattue sur des groupes islamistes après les attentats de Casablanca en 2003.
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