Des bureaux de vote ont fermé samedi au Bénin à l'issue d'un scrutin législatif n'ayant pas beaucoup mobilisé, à caractère d'épreuve pour le président Boni Yayi soucieux de renforcer son mandat après sa réélection en mars, rejetée par l'opposition.
Dans un bureau du quartier Jak, dans l'est de Cotonou, qui a fermé peu après l'horaire initialement prévu c'est à dire de 17H00 (16H00 GMT), le personnel électoral s'apprêtait à dépouiller les bulletins, a constaté un correspondant de l'AFP.
Cependant, en raison de retards à l'ouverture, de nombreux bureaux à travers le pays restaient ouverts une à trois heures supplémentaires, a expliqué à l'AFP le porte-parole de la Commission électorale nationale autonome (Céna) Honorat Adjovi.
Quelque 3,6 millions de béninois (sur 9,3 millions d'habitants) étaient inscrits pour choisir 83 députés parmi près de 1.600 candidats issus d'une vingtaine de partis et coalitions.
La mouvance présidentielle compte 34 députés dans le Parlement sortant, contre 49 élus de l'opposition qui ont donné du fil à retordre à M. Yayi depuis 2009.
Le chef de l'Etat a affirmé samedi qu'il s'agissait "de choisir ceux qui vont valider nos politiques de développement pour accompagner le pays vers une émergence réelle".
L'objectif pour M. Yayi est d'obtenir une majorité absolue au Parlement et confirmer sa légitimité après le rejet par l'opposition de sa victoire (53% des suffrages) au premier tour de la présidentielle du 13 mars.
Son principal opposant, Adrien Houngbédji (36%), a dénoncé des fraudes.L'opposition a saisi la justice qui a confirmé la réélection du président.
M. Houngbédji a appelé samedi les électeurs à lui "donner une majorité au Parlement afin que nous soyons un vrai contre-poids pour le pouvoir en place", a rapporté la radio nationale.
A l'issue des législatives de 2007, la coalition de partis soutenue par Boni Yayi avait remporté 35 sièges et la majorité des députés soutenait le président.Beaucoup lui ont depuis tourné le dos et en 2009 et 2010, le budget a par exmeple dû être adopté par ordonnance.
Le chef de la mission d'observation électorale de l'Union africaine Nagoum Yamassoum a estimé que les électeurs n'étaient "pas très motivés" samedi et remarqué que "du fait de la démultiplication des bureaux de vote" par rapport à la présidentielle, beaucou avaient cherché en vain le lieu où ils devaient voter.
"Mais tout se passe en tout cas mieux que pendant la présidentielle", a-t-il déclaré à l'AFP.
Le scrutin du 13 mars, après deux reports, avait été confronté à d'importants problèmes d'organisation.
Interrogé sur la mobilisations, Joseph Gnonlonfoun, président de la Céna, a concédé: "Il est clair que les gens ne manifestent pas un engouement perceptible pour ce scrutin".Il prévoyait un taux de participation plus faible que lors de la présidentielle (70%).
Le premier mandat du président Yayi avait été marqué par des scandales de corruption.
Le dernier en date, qualifié d'"affaire Madoff à la béninoise", a vu en 2010 des milliers de Béninois ruinés par une escroquerie aux dépens de petits épargnants, semblable à celle qui a valu 150 ans de prison à l'Américain Bernard Madoff en 2009.
L'opposition a accusé M. Yayi de complicité et dénoncé ses liens avec l'une des sociétés d'épargne impliquées.
L'Union fait la nation (UN), principale alliance de l'opposition, a appelé ces jours-ci les électeurs samedi "à sanctionner ce régime qui nous a volé notre victoire".
"Nous comptons le prouver par la rafle que nous allons opérer", avait affirmé Lazare Sehouéto, un des responsables de l'UN.
Aucun cas de violence n'avait été rapporté samedi en fin de journée.
Les résultats devraient être connus au plus tôt mercredi, selon la Céna.
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