Les "manifestations pacifiques" se poursuivront en Ouganda malgré la répression et les mises en garde du régime, a affirmé dimanche le leader de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, venu se faire soigner à Nairobi pour des blessures subies lors de sa dernière arrestation.
"La crise socio-économique que traverse notre pays est à l'origine" de la contestation, a déclaré M. Besigye, au cours d'une conférence de presse organisée à l'hôpital de Nairobi où il est hospitalisé depuis vendredi.
"La population est largement marginalisée et proteste maintenant contre cette marginalisation", a-t-il assuré.
"Ces manifestations pacifiques vont bien sûr continuer, sous une forme ou sous une autre, jusqu'à une réponse appropriée (des autorités) à la situation", a souligné l'opposant.
La police ougandaise l'avait interpellé jeudi en brisant les vitres de sa voiture et en l'aspergeant de gaz lacrymogène, sous l'oeil des caméras, avant de le relâcher quelques heures plus tard.
Kizza Besigye restera hospitalisé à Nairobi quatre ou cinq jours, selon ses médecins."Il a été blessé aux yeux (...) par des produits chimiques, nous avons pu l'examiner (...), les tests médicaux nous ont rassurés", a précisé le Dr Timothy Byakika.
"Je sais que ma vie est en danger, je le sais depuis longtemps", a commenté M. Besigye, dont le séjour à Nairobi coïncide avec une visite officielle du président ougandais Yoweri Museveni dans la capitale kényane.
En protestation après la nouvelle arrestation de Besigye, des émeutes ont éclaté vendredi dans tout Kampala, là aussi violemment réprimées par les forces de l'ordre, avec au moins deux tués par balle, 143 blessés hospitalisés dont onze par balle, selon la Croix-Rouge locale.
M. Besigye est à la tête d'un mouvement contre la cherté de la vie déclenché le 11 avril, près de deux mois après sa troisième défaite à l'élection présidentielle face à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.
Ayant renoncé à porter devant la justice ses allégations de fraude massive, l'opposition a opté pour une nouvelle tactique consistant à appeler la population à se rendre au travail à pied pour marquer sa colère face à l'inflation.
Depuis lors, M. Besigye a été interpellé à quatre reprises, a été blessé à la main par un tir de balle plastique, et est sous le coup de plusieurs inculpations, dont incitation à la violence et rassemblement illégal.
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