Libye: un fils Kadhafi tué, des ambassades cibles d'attaques à Tripoli

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TRIPOLI (AFP)

Les ambassades d'Italie et de Grande-Bretagne à Tripoli ont été la cible d'attaques dimanche alors que le régime a accusé l'Otan d'avoir voulu tenter d'assassiner Mouammar Kadhafi lors d'une frappe aérienne qui a tué dans la nuit un de ses fils et trois de ses petits-enfants.

L'Alliance atlantique, qui a pris les commandes de l'intervention en Libye il y a un mois, a reconnu avoir frappé "un poste de commandement et de contrôle" dans la zone, mais n'a pas confirmé la mort du fils Kadhafi.

Dans la nuit, Moussa Ibrahim, le porte-parole du gouvernement, a annoncé que la maison de Saif al-Arab Mouammar Kadhafi, 29 ans, un des six fils du colonel Kadhafi, avait été "attaquée avec de puissants moyens" qui ont tué le jeune homme et trois petits-enfants du dirigeant libyen.

Il a dénoncé "une opération visant à assassiner directement le dirigeant de ce pays" ajoutant que "le Guide (Mouammar Kadhafi) et sa femme étaient dans la maison", mais n'ont pas été blessés.

La presse avait été emmenée dans la nuit devant une habitation bombardée à Tripoli.Au vu de l'ampleur des dégâts, il semblait peu vraisemblable que quelqu'un qui se trouvait sur les lieux ait pu survivre.

Saif al-Arab n'occupait pas de poste officiel connu.Mouammar Kadhafi avait déjà perdu une fille adoptive en 1986 lors d'un bombardement américain à Tripoli.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a assuré que les frappes de l'Otan étaient "conformes à la résolution des Nations unies", tout en refusant de commenter "des informations non confirmées" sur la mort du fils Kadhafi.

Du côté de l'Otan, le général Charles Bouchard, commandant en chef de l'opération, a indiqué que l'organisation regrettait "toute perte de vie, particulièrement celle de civils innocents" soulignant que "toutes les cibles de l'Otan" étaient "de nature militaire".

La Russie a dénoncé l'usage "disproportionné" de la force en Libye par la coalition doutant que les frappes de l'Otan n'aient pas pour cible le dirigeant libyen.

Le vicaire apostolique (évêque) de Tripoli, Giovanni Martinelli, a confirmé dimanche par téléphone à la chaîne de télévision italienne Sky TG24, la mort de Saif al-Arab Kadhafi.

Dans l'après-midi, la télévision libyenne avait diffusé des images de responsables religieux, notamment catholique, orthodoxe, copte et musulman, se recueillant devant quatre corps et indiqué dans un bandeau qu'ils présentaient leurs condoléances "pour les pertes subies par Mouammar Kadhafi".

 Depuis le début de l'intervention militaire internationale le 19 mars, nombre de responsables politiques des pays engagés, tout en réclamant le départ de M. Kadhafi, ont répété que le mandat de l'ONU prévoyait de protéger les civils, pas de tuer le dirigeant libyen.

Mais certains sont restés plus ambigus.Le 20 mars, le ministre britannique de la Défense, Liam Fox, avait ainsi estimé qu'il y avait "une possibilité" que le colonel Kadhafi soit directement visé.

Quelques heures après les frappes de l'Otan à Tripoli, Londres et Rome ont annoncé que les bâtiments de leurs ambassades dans la capitale libyenne ont été la cible d'attaques.

Selon le ministère italien des Affaires étrangères, des "actes de vandalisme" ont été commis.

Londres a décidé d'expulser l'ambassadeur de Libye au Royaume-Uni à la suite d'"attaques contre l'ambassade britannique à Tripoli et d'autres missions diplomatiques étrangères", a annoncé le Foreign Office.

Selon une correspondante de l'AFP, des manifestants ont mis le feu tôt dimanche aux bâtiments de l'ambassade d'Italie et des résidences de l'ambassadeur d'Italie et de Grande-Bretagne.

 Dans l'après-midi un panache de fumée s'élevait des bâtiments.

L'Italie, ex-puissance coloniale en Libye et jusqu'à récemment partenaire clé du régime libyen, a fait l'objet samedi de menaces directes du colonel Kadhafi de "transférer la bataille" sur son territoire.

A Misrata, ville rebelle assiégée depuis deux mois à 200 km à l'est de la capitale, des combats se poursuivaient dimanche dans les faubourgs de la ville.Dans l'après-midi deux rebelles ont été tués et cinq blessés par un tir de mortier, selon des journalistes de l'AFP.

Le port, aux mains des insurgés et seule voie d'accès pour l'aide humanitaire et l'évacuation de réfugiés ou de blessés, était en flammes en début de soirée après des bombardements, ont indiqué des témoins faisant état de morts.

A la frontière tunisienne (ouest), les insurgés tenaient toujours le poste de Dehiba, où le flot de réfugiés libyens ne tarissait pas dimanche matin, la police tunisienne ayant enregistré la veille le chiffre record de 4.970 personnes en une journée.

Selon des rebelles, des combats les ont opposés aux pro-Kadhafi dans la nuit de samedi à dimanche à 7 kilomètres de là.

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