Le rapatriement des corps des huit Français tués dans un attentat au Maroc a débuté mardi avec un moment de recueillement à l'aéroport de Marrakech, avant leur départ pour Paris, où le président Nicolas Sarkozy saluera les dépouilles.
L'avion affrété par l'Etat français, transportant les corps des huit victimes et leurs proches, a décollé peu après 12H00 GMT à destination de l'aéroport d'Orly, dans le sud de Paris.
Les huit cercueils étaient arrivés à l'aéroport peu après 10H00 locales (09H00 GMT) transportés par des ambulances rouges de la protection civile depuis la morgue de la grande ville touristique du sud du royaume, visée le 28 avril par l'attaque la plus meurtrière au Maroc depuis 2003.
Les familles des victimes se sont recueillies dans l'intimité, en présence du ministre marocain de l'Intérieur Taieb Cherkaoui, et de diplomates français.
"J'ai une haine des terroristes, les terroristes ne sont pas les défenseurs de l'islam", a déclaré à la presse le père d'une victime, qui n'a pas donné son nom.
Une bombe commandée à distance a soufflé le 28 avril un café, l'Argana, sur la place Jamâa El-Fna, haut lieu du tourisme à Marrakech, faisant 16 morts --dont 13 étrangers--, et 21 blessés.
Cet attentat dénoncé comme "terroriste" par Rabat et Paris, n'a pas été revendiqué, et aucune arrestation n'a été annoncée, mais l'implication des émules d'Al Qaïda dans la région a été évoquée.
L'avion transportant les victimes françaises et leurs proches doit attérir à Orly vers 18H00 heures (16H00 GMT).
Le président Sarkozy doit alors rendre hommage aux victimes, en présence des ministres des Affaires étrangères Alain Juppé et de l'Intérieur Claude Guéant.Il doit également s'entretenir à huis clos avec les familles des victimes.
Outre les huit Français, trois Marocains, un Britannique, un Canadien, un Néerlandais, un Portugais et un Suisse ont été tués.
Les autorités marocaines ont réitéré lundi qu'elles privilégiaient la piste Al-Qaïda."Nous sommes toujours sur la piste annoncée, qui évoquait des accointances avec Al-Qaïda", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Khalid Naciri.
Le jour même de l'attentat, le roi Mohammed VI avait ordonné une enquête rapide et transparente et demandé que l'opinion publique soit tenue au courant de son déroulement.
Parmi les pistes figure le portrait-robot d'un suspect établi grâce aux déclarations de deux touristes néerlandais.Il s'agirait d'un Arabe, jeune, bien rasé et aux cheveux longs qui a été vu au café Argana, quelques minutes avant l'explosion.
Le ministre de l'Intérieur, Taieb Cherkaoui, a indiqué vendredi que la bombe était composée de nitrate d'ammonium et d'explosifs TATP, ainsi que de clous, et que l'explosion a été déclenchée à distance.
Cet attentat est le plus meurtrier au Maroc depuis les attaques islamistes de mai 2003 à Casablanca qui avaient tué 33 personnes, ainsi que les 12 kamikazes impliqués.
Ce pays d'Afrique du nord de 32 millions d'habitants, a été relativement épargné par les troubles qui secouent la région depuis le début de l'année.
Le 9 mars, en plein "printemps arabe", Mohammed VI a annoncé des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs, après des manifestations de jeunes.
Le 14 avril, le roi a libéré de nombreux détenus politiques dont des islamistes et des Sahraouis.
L'attentat de Marrakech, contre le café Argana, a fait craindre un retour en arrière et le renforcement de la politique sécuritaire.
Le Mouvement du 20 février, qui réclame des réformes politiques au Maroc, a d'ailleurs lancé un appel à manifester le 8 mai à Marrakech.
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