Le régime libyen a proposé mercredi une prolongation de l'ultimatum fixé aux rebelles de Misrata (ouest) pour se rendre, à la veille d'une réunion à Rome du Groupe de contact qui pilote l'intervention internationale en cours en Libye depuis plus de six semaines.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé qu'il demanderait trois mandats d'arrêt pour des crimes contre l'humanité qui se poursuivent en Libye.Il n'a pas identifié les personnes concernées, mais selon des diplomates, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi serait sur la liste.
"Des attaques étendues et systématiques contre la population civile ont été et continuent d'être commises en Libye", a affirmé le procureur.
Le nombre de morts depuis le début du conflit mi-février se compte "par milliers", a-t-il estimé, même si "les efforts pour dissimuler les crimes ont rendu difficile le décompte du nombre de victimes".
Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, avait balayé dès mardi soir les conclusions de la CPI, les qualifiant de "positions partiales".
A Misrata, troisième ville du pays assiégée depuis des semaines, une vingtaine de roquettes ont touché mercredi un camp de réfugiés près du port, tuant au moins deux femmes et trois enfants d'une même famille de Nigérians.
Un bateau affrété par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), bloqué au large depuis quatre jours en raison des menaces pesant sur le port, a accosté malgré tout mercredi pour décharger de l'aide humanitaire.
Il est reparti après avoir avoir embarqué dans la cohue plusieurs centaines de réfugiés et une quarantaine de blessés graves libyens, qu'il doit évacuer jusqu'à Benghazi (est), le fief de la rébellion à l'autre extrémité du golfe de Syrte.
"Nous faisons actuellement tout notre possible pour assurer le bon fonctionnement du port" de Misrata, seul moyen d'approvisionner les 500.000 habitants de la ville et d'évacuer les réfugiés bloqués, a déclaré Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du Conseil national de transition, l'organe politique de la rébellion.
Mercredi soir, les Etats-Unis ont exhorté le régime libyen à cesser ses attaques contre Misrata et à laisser les organisations internationales apporter de l'aide humanitaire et évacuer les civils.
Dans la nuit, alors qu'un ultimatum fixé aux rebelles de Misrata pour se rendre expirait, le régime a annoncé qu'il songeait à prolonger le délai "d'un ou deux jours".Le vice-ministre Kaïm a évoqué des "signaux positifs au sein de la population", assurant que "400 personnes" avaient déposé les armes.
Il a précisé que le colonel Kadhafi se portait "très bien" et qu'il avait rencontré "plusieurs responsables tribaux" avant une grande rencontre tribale prévue jeudi et vendredi.
L'objectif de l'intervention militaire internationale en Libye "n'est pas de tuer Kadhafi" mais de "cibler des objectifs militaires", a affirmé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.
"J'espère que cela ne durera pas au-delà de quelques semaines, au plus de quelques mois, mais il est prématuré de parler d'enlisement", a-t-il ajouté.
Une coalition internationale -- menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis -- est intervenue en Libye le 19 mars, sous mandat de l'ONU, pour mettre fin à la répression sanglante d'un soulèvement contre le régime du colonel Kadhafi.Le commandement de l'opération est passé à l'Otan fin mars.
Les députés italiens ont voté mercredi une motion exigeant qu'une date-butoir soit fixée, en accord avec les alliés, pour les raids aériens.
Rome doit accueillir jeudi la prochaine réunion du groupe de contact sur la Libye, qui doit aborder la question du financement de la rébellion.
"Notre objectif à Rome sera notamment d'établir comment le peuple libyen peut utiliser au mieux ses biens qui ont été gelés à travers le monde", a assuré M. Ghoga, qui s'est dit "confiant" dans la possibilité d'obtenir les deux à trois milliards de dollars réclamés par la rébellion mardi.
"Nous avons le soutien des pays où se trouvent ces biens", a-t-il souligné.
L'Autriche a annoncé avoir gelé pour 1,2 milliard d'euros d'avoirs dans le cadre des sanctions européennes contre les proches du dirigeant libyen, et M. Juppé a déploré que la justice britannique rechigne à débloquer "plus d'un milliard de dollars" gelés par Londres.
L'Italie et les Etats-Unis pourraient mettre sur pied un fonds, selon un quotidien italien.
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