Une semaine après l'attentat meurtrier de Marrakech, l'enquête semble progresser avec l'identification probable, selon Paris, de deux éventuels suspects, même si les autorités marocaines affirment qu'il n'y a pas eu d'arrestation et en dépit du fait qu'il n'y a pas eu de revendication.
"L'enquête se déroule de manière scientifique et avec toutes les garanties juridiques mais personne n'a encore été arrêté", a dit jeudi à l'AFP un responsable judiciaire proche de l'enquête, démentant une information d'une radio française.
Une source sécuritaire a confirmé qu'il n'y avait pas eu d'arrestation.
En revanche, plusieurs personnes ont été auditionnées puis relâchées dans le cadre de l'enquête sur cet attentat qui a fait 16 morts le 28 avril, selon des enquêteurs cités jeudi par l'agence marocaine de presse MAP.
L'agence n'a pas donné de précision sur le nombre de personnes concernées, ni sur la date à laquelle elles ont été entendues.
Mercredi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a indiqué que deux suspects auraient été identifiés.La France a payé le plus lourd tribut dans cet attentat, qui a tué 8 de ses ressortissants.
"Pour l'instant, l'enquête se poursuit.Nous avons des enquêteurs venus en soutien des enquêteurs marocains.D'après les informations que j'ai, ça avance bien.On semble avoir identifié deux suspects possibles", a déclaré le ministre.
Les autorités marocaines n'ont ni confirmé ni démenti cette information.
Mais selon une source proche de l'enquête, un homme connu des services marocains, présenté comme ayant des liens avec l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi), aurait été identifié par des témoins à qui un portrait-robot a été présenté.
Cet homme a été interpellé à Madrid en 2007 et condamné à 3 ans de prison au Maroc pour "préparation d'actes terroristes".Il a été récemment libéré mais est recherché par la police qui le soupçonne d'avoir tué un Marocain et blessé un touriste français dans un café touristique à Tanger, mi-avril.
Cependant une source policière interrogée par l'AFP a estimé que cette piste était "peu probable", observant que l'agresseur du café de Tanger "ne correspond pas au profil".
"Le suspect de Tanger avait des problèmes psychologiques, était très excité, criait +Allah Akbar+ et était habillé à l'afghane.Il est resté un bon moment au café après son crime puis s'est enfui", a indiqué cette source."Celui de Marrakech devait être quelqu'un de beaucoup plus calme", a-t-elle précisé.
Interrogées, les autorités marocaines n'ont pas fait de commentaire sur cet homme.
Elles ont décidé de ne pas communiquer "pour l'efficacité de l'enquête", a dit à l'AFP le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Khalid Naciri."Une enquête de cette envergure ne se déroule pas à ciel ouvert", a-t-il déclaré jeudi.
Lundi, M. Naciri avait dit que les autorités étaient "toujours sur la piste Al-Qaïda".
Le président Nicolas Sarkozy a assuré mardi, après avoir rendu hommage aux victimes françaises, que la France ne laisserait pas le "crime" de l'attentat de Marrakech "impuni" et promis que ses auteurs seraient traqués sans relâche.
Cet attentat est le plus grave qu'ait connu le Maroc depuis les attaques de Casablanca en mai 2003 qui avaient fait 45 morts dont 12 kamikazes.Il a visé le café Argana, sur la place Jamâa El-Fna, le coeur touristique de Marrakech.
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