Trafic de cocaïne: 12 ans de prison pour la femme d'un ministre sud-africain

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JOHANNESBURG (AFP)

 La femme du ministre sud-africain des Renseignements, Sheryl Cwele, a été condamnée vendredi à douze ans de prison pour avoir tenté d'organiser une filière d'importation de cocaïne dans le pays, selon l'agence Sapa.

L'épouse du ministre de la Sécurité d'�?tat Siyabonga Cwele, reconnue coupable jeudi de trafic de drogues par un tribunal de Pietermaritzburg (est), a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

Son co-accusé, un Nigérian du nom de Frank Nabolisa, écope de la même peine et fera aussi appel, selon Sapa.

Le ministre a refusé de commenter la décision tant que l'appel n'aura pas été jugé."Un commentaire serait prématuré puisque l'affaire est toujours devant la justice", a déclaré à l'AFP son porte-parole Brian Dube.

Le juge Piet Koen a justifié la lourde peine par les dommages causés par la drogue sur la société.

"De nombreuses familles sont affectées par des drogues introduites illégalement dans notre pays.Elles souffrent à cause de dealers qui créent des dépendances en alimentant constamment leurs clients", a-t-il dit.

Mme Cwele et M. Nabolisa ont été reconnus coupables d'avoir aidé des jeunes femmes sud-africaines à trouver un travail à l'étranger, dans le but de leur faire transporter de la drogue dans leurs bagages.

L'épouse du ministre a notamment été liée à Tessa Beetge, arrêtée en juin 2008 au Brésil avec 9,2 kilos de cocaïne dans ses bagages.Condamnée à la rétention à perpétuité, elle purge sa peine dans une prison de Sao Paulo.

"Je suis seulement coupable d'avoir fait confiance à Sheryl.(...) Tout ce qu'elle a dit n'était que des mensonges", avait-elle déclaré à la presse l'an dernier.

Une autre femme, Charmaine Moss, a été chargée de récupérer un paquet en Turquie.Elle a soupçonné un mauvais coup, a décliné l'offre, et est devenue témoin à charge.

Depuis l'ouverture de l'enquête, Mme Cwele, 50 ans, a clamé son innocence à plusieurs reprises.

"Je veux catégoriquement affirmer que je n'ai jamais consciemment participé à un quelconque trafic de drogue, ni été complice ni même incité à un trafic", a-t-elle notamment affirmé.

Directrice d'un service municipal de santé et d'aide sociale, brocardée dans les médias pour ses goûts vestimentaires luxueux, elle avait été arrêtée en janvier 2010 puis libérée sous caution.

Son arrestation avait conduit l'opposition à demander la démission de son mari, qui a assisté à une audience mais n'était pas présent au tribunal pour le verdict.

Vendredi, plusieurs partis ont de nouveau réclamé sa tête.La puissante confédération syndicale Cosatu, pourtant alliée du gouvernement, s'est également inquiétée de cette condamnation "qui ne peut arriver que dans un pays proche de devenir une république bananière".

Le président Jacob Zuma, qui avait nommé Siyabonga Cwele à son poste en 2009, risque de devoir à son tour rendre des comptes, selon Hennie Van Vuuren, analyste à l'Institut des Etudes de sécurité (ISS).

"Il est l'espion numéro un du pays (...) Sa femme est impliquée dans un réseau criminel international", a souligné l'expert."Est-ce que les agences de renseignements étaient au courant.Si elles ne l'étaient pas, pourquoi ? Ont-elles informé le président ? A-t-il agi ?"

Cette condamnation risque également de ternir l'image des forces de l'ordre, déjà entachées par la condamnation pour corruption de l'ancien chef de la police nationale, Jackie Selebi, et par l'arrestation récente du chef de la police criminelle, soupçonné d'avoir tué un rival amoureux.

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