Tunisie: la police fait une démonstration de force lors d'une manifestation

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TUNIS (AFP)

Avenue Bourguiba, en plein coeur de Tunis, 200 jeunes manifestants scandent des slogans anti-gouvernementaux.Soudain, la police lance la charge et les traque sans faire de distinction entre manifestants et journalistes dans une brutale démonstration de force.

Vendredi 13H50: des manifestants crient depuis une vingtaine de minutes des slogans comme "dégage", "le gouvernement de transition travaille toujours pour (le président déchu) Ben Ali" et "nous voulons un autre révolution".

Ils font face à un cordon de policiers déterminés à les empêcher de progresser en direction du ministère de l'Intérieur sur l'avenue Habib Bourguiba, un des épicentres de la contestation qui a provoqué la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier.

Les mains des manifestants s'agitent pour leur signifier de "dégager" eux aussi.

13H52: soudain, les forces de l'ordre chargent les manifestants.Tirs massifs de gaz lacrymogènes.

La panique se propage parmi les manifestants et les piétons qui se lancent dans une course effrénée pour se mettre à l'abri dans les halls d'hôtels et de bâtiments.Les magasins baissent leur rideau de fer.

Cagoulés, en uniforme ou en civil, les policiers sillonnent l'avenue Bourguiba à bord de moto, d'autres avec des chiens noirs, à pied.Un blindé léger circule également sur l'avenue.

Sous le regard d'hommes en costume cravate salués respectueusement par les forces de l'ordre, un manifestant est durement frappé par plusieurs policiers alors qu'il est tombé sur les rails des tramways verts sapin de Tunis.

D'autres manifestants sont frappés à coup de matraque et de bâtons toujours encerclés par plusieurs policiers à la fois.

Ensuite, la violence n'épargne pas non plus les journalistes, dont un photographe de l'Agence France-Presse (AFP), Fathi Belaid.

"J'ai été agressé par 4 policiers dans l'escalier du journal La Presse.Ils m'ont pris 2 appareils photo et un ordinateur portable et m'ont frappé sur la tête avec des barres de fer", dit-il.

Un autre photographe travaillant pour l'agence EPA, Mohamed El-Hammi, est également tabassé.

"Ils m'ont violemment tabassé et m'ont confisqué mon appareil photo et ce sont des policiers en civil qui m'ont confisqué mon matériel.Je ne peux plus bouger mon dos tellement j'ai mal", raconte-t-il à l'AFP avant de se rendre à la clinique.

La veille, c'est un autre photographe de l'agence américaine Associated Press (AP), Hassan Dridi, qui reçoit des coups de poing et de pied alors qu'il est à terre après avoir tenté de prendre des photos de la dispersion d'une manifestation.

Vendredi 14h00: les forces de l'ordre procèdent à des interpellations violentes, frappant à coups de pied et de matraque des manifestants, dont certains sont à terre.

La police traque des jeunes manifestants dans les rues adjacentes à l'avenue Bourguiba y compris dans des immeubles.

Terrifiées, plusieurs fillettes s'évanouissent près du ministère des Affaires de la femme.La police continue sa traque.

La manifestation avait été appelée sur Facebook pour soutenir un ancien ministre de l'intérieur Farhat Rajhi, qui a provoqué un électrochoc dans le pays en évoquant la préparation d'un "coup d'Etat militaire".

Le gouvernement transitoire avait dénoncé ses propos, affirmant qu'ils "constituent une atteinte à l'ordre publique".

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