Les Sud-Africains participaient mercredi à des élections municipales à valeur de test pour le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), qui peine à surmonter des frustrations croissantes envers ses performances 17 ans après la chute de l'apartheid.
L'ancien mouvement de lutte contre le régime raciste, toujours auréolé de son image de libérateur, reste le grand favori du scrutin.Mais la grogne face aux défaillances des services publics pourrait pousser certains électeurs vers l'opposition ou l'abstention.
Symbole de la piètre qualité des réseaux d'eau, d'électricité ou d'assainissement dans les townships, l'ouverture des bureaux de vote a été retardée dans le quartier déshérité de Zandspruit, près de Johannesburg, par une coupure de courant.
"Il y a beaucoup de colère dans la communauté au sujet des services publics", commentait Martha Ngwenya, une employée de 47 ans, en patientant avec environ 200 électeurs dans le froid mordant en ce début d'hiver austral."Nos principaux reproches portent sur le logement et l'absence de collecte des déchets."
Depuis l'avènement de la démocratie multiraciale en 1994, de nets progrès ont été enregistrés.Quelque 93% de foyers ont un point d'eau à proximité de chez eux, contre 62% il y a dix-sept ans, 84% sont raccordés à l'électricité contre 36%...
Mais les zones rurales et les anciens ghettos noirs ont été laissés sur la touche ou équipés avec des installations défaillantes, donnant l'impression aux plus pauvres d'être les laissés-pour-compte du pays.
Ces frustrations se sont traduites par une recrudescence des manifestations réclamant de meilleurs services publics, passés de 10 en 2004 à 111 en 2010, selon le groupe de recherches Municipal IQ.
Electoralement, cette grogne pourrait entamer la domination de l'ANC.Dans un sondage publié lundi, le parti récolte 58,3% des intentions de vote, huit points en dessous de son score des municipales de 2006.
La principale force d'opposition, l'Alliance démocratique (DA) qui contrôle la ville du Cap, table sur ce mécontentement pour poursuivre sa progression.Le parti a remporté près de 15% des voix en 2006, 17% en 2009 et pourrait frôler les 20% cette fois-ci.
"Notre démocratie mûrit et les gens commencent à comprendre qu'il faut voter sur la capacité des partis à agir en leur faveur", a déclaré la chef de la DA, Helen Zille, en votant au Cap, seule métropole du pays à échapper au contrôle de l'ANC.
"Aucun parti ne possède des électeurs pour l'éternité", a-t-elle ajouté.
Pendant la campagne, l'ANC a joué de son passé de libérateur, le président Jacob Zuma appelant même les électeurs à voter pour le parti en mémoire des héros défunts de la lutte anti-apartheid.
Mardi, il s'est également rendu au chevet du premier président noir du pays, Nelson Mandela, 92 ans, en convalescence à son domicile depuis une hospitalisation en janvier pour une infection respiratoire aiguë.
Dans un pays qui porte encore les stigmates de décennies de ségrégation raciale, le message fait toujours mouche auprès d'une grande partie de la population noire.
"Je vais voter pour l'ANC parce que je me sens libre grâce à ce parti.Je le soutiendrai jusqu'à ma mort", confiait ainsi Malixole Gobelo, un retraité de 60 ans qui vit dans le township de Langa près du Cap.
La journée a été proclamée jour férié.Les bureaux de vote seront ouverts jusqu'à 19H00 (17H00 GMT) et les premières tendances sont attendues dans la soirée.Les résultats définitifs devraient être annoncés vendredi.
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