Des milliers d'habitants du Somaliland ont assisté mercredi aux célébrations du 20e anniversaire de la proclamation d'indépendance de ce territoire du nord-ouest de la Somalie, qui se bat depuis pour obtenir la reconnaissance de la communauté internationale.
Une foule enjouée et dansante s'était massée dès les premières heures de la matinée pour assister au défilé en musique d'associations de la société civile puis des forces de sécurité le long de l'avenue de l'Indépendance de la "capitale" Hargeisa, sous le regard du président du Somaliland Ahmed Mohamed Silaanyo, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Je arrivé ici à 04H00 du matin et il y avait déjà du monde.Je suis venu parce que même si mon pays n'est toujours pas reconnu, je suis fier de ses réalisations", a témoigné Mohammed Omer, étudiant à l'université Admas.
Installée au dessus de la tribune officielle, une bannière proclamait, en français, en anglais et en arabe: "La communauté internationale est obligée d'accepter la volonté du peuple".
Ancien protectorat britannique rattaché au reste de la Somalie italienne à l'indépendance de cette dernière en 1960, le Somaliland, peuplé d'environ 3,5 millions d'habitants et bordé par le golfe d'Aden, est resté relativement stable et prospère, épargné par les guerres claniques.
Le 18 mai 1991, quelques mois après la chute du président somalien Siad Barre et de son régime, accusés par les Somalilandais de les avoir marginalisés, le territoire avait proclamé unilatéralement son indépendance, mettant en place ses propres lois, infrastructures, monnaie et drapeau.
Dans son discours, M. Silaanyo, élu démocratiquement en juin 2010, a promis de poursuivre la quête de reconnaissance internationale initiée il y a 20 ans.
"Même si le Somaliland demeure seul pendant 100 ans et que nous ne parvenons pas à la reconnaissance, nous continuerons à nous battre pour cet objectif", a-t-il déclaré mercredi.
Le Somaliland n'est à l'heure actuelle reconnu par aucun pays.Le voisin Djibouti a toutefois laissé entendre que cette reconnaissance était envisageable à terme.
"Avec patience et énergie, le Somaliland va dans la bonne direction.Le Somaliland est un îlot (de stabilité) au milieu d'une région chaotique et instable, et nous voulons juste vivre en paix avec nos voisins", a pour sa part déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur Mohamed Abdi Gabose.
De fait, si la démocratie dans ce territoire n'est pas parfaite, l'élection présidentielle de 2010 avait donné lieu à la victoire de l'opposant Silaanyo sur le chef de l'Etat sortant et à une passation de pouvoir pacifique.Cette élection avait été saluée comme l'une des plus démocratiques conduites sur le continent en 2010.
Ce scrutin avait renforcé un peu plus la fibre patriotique des Somalilandais qui s'est encore exprimée ces derniers jours: les couleurs rouge, blanc, vert du drapeau Somalilandais ornaient nombre de bâtiments et d'antennes de véhicules.La stabilité remarquée du Somalilend, dès sa création, est due en grande partie à la quasi-hégémonie d'un clan, celui des Issak, contrairement au reste de la Somalie.
Les souvenirs des célébrations, y compris des hijabs (foulards) imprimés pour l'occasion, se sont arrachés et Hargeisa a résonné jusque tard dans la nuit de mardi à mercredi de chants que seules les détonations d'un feu d'artifice sont venues recouvrir.
Ces festivités se sont déroulées sous haute sécurité, de crainte d'attentats par les insurgés islamistes radicaux shebab.
Ces derniers, pour qui un Somaliland indépendant n'a pas lieu d'être, avaient revendiqué une série d'attentats suicide en octobre 2008 à Hargeisa (19 morts parmi les civils).
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.