Lybie : Rapport d�??une mission d�??enquête de la FIDH

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La fédération internationale des ligues des droits de l'homme(FIDH) a rendu public un rapport sur une mission enquête effectuée du 8 au 15 mai 2011.Cette mission avait pour objectif d'évaluer la situation des migrants d'Afrique subsaharienne à la frontière avec l'Egypte. La mission était composée de Geneviève Jacques, membre du bureau international de la FIDH, Mohammed Badawi, directeur adjoint de l'organisation soudanaise African Centre of Justice and Peace Studies, et de Christine Tadros, spécialiste de la question des réfugiés pour l'organisation égyptienne AMERA. Il faut souligner que toutes les personnes interrogées venaient de la région de l'Est, contrôlée par le CNT (conseil national de transition).En effet, depuis le début de la rébellion dans le pays, les africains du sud du Sahara sont victimes de graves exactions. La mission d'enquête avait pour objectifs de rendre compte de ce qui se passe réellement sur place pour ces populations, et de recueillir des témoignages de ces personnes qui ont fui le pays, suite à ce qu'ils considèrent comme des atteintes graves à leur dignité, et même à leur vie. La mission dénonce des meurtres (ils ont recueilli plusieurs témoignages, il y a des vidéos amateurs avec des corrections sévères conduisant à la mort), des arrestations arbitraires du seul fait d'appartenir à un pays d'Afrique noire, des menaces verbales et autres provocations, des pillages et aussi des cas de violence faites aux femmes. Les conséquences sont la précarité de ces hommes et femmes qui n'ont plus rien, alors même qu'ils avaient de l'argent sur place, ou qu'ils ont des salaires qui n'ont pas été versés. En effet, des patrons libyens ont profité de la situation, favorisée par un climat général de grande hostilité envers les Noirs, accusés d'être à la solde de Kadhafi. Pas question on l'imagine bien aisément de porter plainte, ou d'exiger quoi que ce soit ! Rappelons que, déjà avant la crise, il y avait dans le pays, une certaine discrimination sociale, les Noirs ont pour la plupart des métiers d'ouvriers.La situation à la frontière égypto-libyenne est des plus alarmante. On y trouve deux sortes de catégories : les réfugiés et les migrants. Ils vivent tous dans une extrême précarité. Pas de tentes pour dormir, pas de sanitaires, bref des conditions inhumaines d'autant plus que l'Egypte refuse que les organismes internationaux qui sont sur place tels que l'organisation internationale des migrations (OIM) et le haut commissariat aux réfugiés (HCR), n'installent des camps.Il faut dire que les pays dont sont ressortissants la plupart de ces personnes (Soudan, Erythrée et Ethiopie, pour l'essentiel), ne font pas grand chose pour eux, alors que les autres pays européens et asiatiques notamment ont dès les premières semaines de la révolte, rapatriés tous leurs compatriotes.Depuis lundi, a rappelé madame Sophie Bessis, secrétaire générale adjointe de la fédération, le procureur de la CPI (cour pénale internationale) a décidé que des enquête soient aussi effectuées dans les régions contrôlées par le CNT, pour que toute la lumière soit faite.Pour finir, la FIDH a exhorté l'UE à plus d'implication pour sortir ces populations de cette situation. Depuis le début de la crise, 800.000 personne ont fui le pays, mais seulement 14.000 ont cherché à rejoindre l'Europe par l'île italienne de Lampedusa. Patricia NTSAME

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