Vendredi dernier, l'opposant gabonais qui s'est autoproclamé Président de la République, en prêtant serment et en formant un gouvernement parallèle, a refusé de se rendre à une convocation : « je n'irai pas. Peut-être, viendront-ils me chercher. On verra bien ».En effet, suite à la levée de son immunité parlementaire, André Mba Obame est désormais un justiciable ordinaire et doit désormais répondre de ses actes devant la Justice. Les services de renseignements militaires (B2 )l' ont donc convoqué . Ce dernier a catégoriquement refusé de s'y rendre, disant qu'il n'y avait pas de motifs sur ladite convocation. A la veille de son rendez-vous, l'opposant avait déclaré à l'AFP : « Je ne collabore pas avec ce simulacre de justice. J'ai posé un acte politique, qu'on me donne une réponse politique. Qu'on me mette devant des juridictions compétentes : la Haute Cour ou la Cour de sûreté de l'Etat. On me traite comme un prisonnier de droit commun. Je ne suis pas un escroc, pas un bandit ».Très vite, son refus a fait réagir les autorités gabonaises dans un communiqué publié par les journaux du service public, après avoir été lu dans la nuit en directe sur la première chaîne publique, par le conseil juridique du ministère de la Justice.Le texte dit que : «Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, fait constater qu'en dépit de l'information qui lui a été portée dans les formes prescrites par la loi, Monsieur André Mba Obame a refusé de déférer à la convocation, pour les nécessités de l'enquête, qui attend d'être complétée par son audition, avant présentation de l'entier dossier au Parquet de la République. (�?�) le Ministre de la Justice invite le Parquet de la République à instruire les officiers de police judiciaire à réitérer la convocation à l'endroit de Monsieur André Mba Obame, afin qu'il soit librement entendu sur les faits qui lui sont reprochés. (�?�) Prenant l'opinion nationale et internationale à témoin. Sur les conséquences pouvant résulter des refus répétés par monsieur André Mba Obame de coopérer aux nécessités de l'enquête, le ministre de la Justice rappelle qu'au sein de l'Etat de droit, force reste à la loi». Pour le moment, le gouvernement reste ferme sur ses positions malgré l'appel au dialogue des acteurs politiques et civils locaux, et malgré une médiation de l'ONU, qui semble bien occupée sur d'autres fronts ces derniers temps.Sur place, des remous ne sont pas à exclure, surtout dans les quartiers populaires, connus pour être des bastions de l'opposition. Les forces de l'ordre sont sur le terrain depuis le 20 mai, dans le troisième et quatrième arrondissement de Libreville, près du Commissariat où devait avoir lieu l'audition et près du rond-point de Rio, lieu historique de manifestations de l'opposition.Le site d'information « Jeune Afrique », a assuré le 20 mai dernier que pour « Ali Bongo Ondimba, le chef de l'Etat, il n'est pas question pour l'instant d'ordonner l'arrestation de Mba Obame ».Affaire à suivre donc.Patricia Ntsame
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