Le ministre tunisien des Affaires étrangères a estimé lundi à Tokyo que la date des élections devait être maintenue à la fin juillet, en soulignant qu'il en allait de la "crédibilité" du gouvernement.
La commission électorale tunisienne a proposé dimanche, pour des raisons logistiques, de reporter au 16 octobre l'élection cruciale d'une Assemblée constituante initialement prévue le 24 juillet, ouvrant la voie à un changement de calendrier controversé.
"La volonté du gouvernement est que cette date soit respectée", a déclaré à l'AFP Mouldi Kefi, pendant une visite officielle au Japon."Il y va de notre crédibilité vis-à-vis de l'opinion publique tunisienne et vis-à-vis de l'opinion publique internationale".
Le chef de la diplomatie tunisienne a souligné que la commission électorale n'avait fait qu'une "simple proposition".
"Elle est mise sur la table, elle va être discutée par toutes les parties en présence.Il va y avoir une sorte de débat.La société civile aura son mot à dire.La décision reviendra in fine au peuple tunisien lui-même", a-t-il dit.
M. Kefi a encouragé la commission électorale à "faire un effort pour que ces problèmes logistiques soient résolus avant la date du 24 juillet"."Je crois qu'avec les progrès technologiques, avec des ordinateurs, on peut faire en quelques semaines un travail qui, avant, prenait des mois."
Le ministre tunisien des Affaires étrangères s'est rendu en Chine, puis au Japon, afin de préparer la réunion du G8 cette semaine à Deauville (ouest de la France) où la Tunisie et l'Egypte ont été exceptionnellement invitées.
"Nous sommes très heureux d'avoir été conviés par la présidence française", a-t-il dit."Nous espérons obtenir un fonds de soutien à la transition, qui sera parrainé par le G8", a déclaré M. Kefi, faisant allusion à la révolution qui a mis fin le 14 janvier au régime autoritaire du président Zine el-Abidine Ben Ali, après 23 ans de pouvoir.
Il a indiqué que la Tunisie avait besoin d'une aide pour combler le déficit budgétaire avec le manque à gagner du tourisme."Le Sud tunisien qui recevait des millions de touristes est aujourd'hui dans une situation de guerre" à cause du conflit libyen, a-t-il relevé.
Le ministre a également réclamé une "aide urgente" pour faire face à la situation à la frontière libyenne où 170.000 Libyens sont aujourd'hui réfugiés.
"La grande majorité d'entre eux sont hébergés par des familles tunisiennes", a-t-il dit."Cette aide est une des priorités car nous sommes presque tout seuls à faire face à ce fardeau."
A propos du risque terroriste, M. Kefi a reconnu qu'il régnait actuellement en Tunisie "une situation floue où certains terroristes peuvent traverser les frontières sans être inquiétés".Il a relevé en particulier que du côté de la frontière libyenne, un membre d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb) pouvait facilement se faire passer pour un rebelle libyen.
Interrogé sur la question des migrants tunisiens qui ont déferlé sur les côtes italiennes peu après la chute du régime Ben Ali, le ministre a estimé que ce problème "faisait désormais partie du passé".
Il a rappelé que des accords avaient été conclus avec Rome et Paris pour le retour des immigrés, assorti d'une aide afin que les autorités tunisiennes puissent mieux contrôler les frontières maritimes.
"Dans les premières semaines de la révolution, des jeunes ont été poussés à partir par des passeurs sans scrupules.Des dizaines sont morts noyés", a-t-il dit."Nous avons commencé à mieux surveiller les côtes et nous avons arrêté les passeurs.Cette question conjoncturelle fait aujourd'hui partie du passé".
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