Le régime de Mouammar Kadhafi a proposé jeudi un cessez-le feu et écarté tout départ du leader libyen du pouvoir, après plus de deux mois de raids aériens d'une coalition internationale en Libye visant à le pousser vers la sortie.
En France, le sommet du G8 réuni à Deauville (nord-ouest) va appeler le colonel Kadhafi à cesser "l'usage de la force" et va soutenir "une solution politique reflétant la volonté du peuple", selon un projet de déclaration finale obtenu par l'AFP.
Dans le même temps, l'Union africaine a appelé l'Otan à cesser ses bombardements, à l'issue d'un mini-sommet sur le sujet à Addis Abeba.
"Ceci fait partie des exigences pour que des solutions politiques deviennent possibles", a souligné le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.
Du côté des rebelles, le chef de la délégation du Conseil national de transition (CNT) à ce mini-sommet, a également plaidé pour une "solution pacifique à la crise" tout en défendant les frappes de l'Otan.
"Sans l'Otan, nous aurions été témoins de massacres (...) similaires à ceux qui se déroulèrent au Rwanda (en 1994)", a déclaré à la presse Abdallah Al-Zoubedi.
Mais le président nigérien Mahamadou Issoufou a souhaité une "solution rapide" pour éviter que la crise ne "déstabilise" la région du Sahel, s'inquiétant du risque que la Libye se "somalise".
Le régime libyen -sous le feu depuis plus de deux mois des raids d'une coalition internationale intervenue le 19 mars sous mandat de l'ONU pour assurer la protection des civils- a indiqué avoir demandé à l'ONU et à l'Union africaine de fixer une date et une heure précises pour un cessez-le-feu.
"Nous avons demandé aux Nations unies et à l'Union africaine de fixer une date et une heures précises pour un cessez-le-feu, d'envoyer des observateurs et de prendre les dispositions nécessaires" pour l'arrêt des combats, a déclaré le chef du gouvernement libyen Baghdadi Al-Mahmoudi, à la presse.
La Libye a annoncé à plusieurs reprises un cessez-le-feu, sans toutefois le respecter, selon les capitales occidentales.
Le régime "est sérieux dans sa proposition de cessez-le-feu qui doit coïncider avec un arrêt des combats de toutes les parties et surtout de l'Otan", a dit M. Mahmoudi écartant par ailleurs un départ du pouvoir du colonel Kadhafi.
"Mouammar Kadhafi est dans le coeur de tous les Libyens.S'il part, les Libyens partent avec lui", a-t-il indiqué précisant que le colonel Kadhafi était en "bonne santé" et qu'il n'y avait "pas de restrictions sur ses mouvements".
Selon une source gouvernementale britannique citée jeudi par The Independent, les pays occidentaux pourraient accepter un cessez-le-feu à la condition que Kadhafi parte en exil.
L'Otan, qui dirige l'intervention militaire, a indiqué n'avoir reçu aucun message du gouvernement libyen au sujet d'un cessez-le-feu.
Dans la capitale libyenne, cible ces derniers jours de raids intensifs de l'Otan, quatre explosions ont été entendues dans la nuit de mercredi à jeudi par un journaliste de l'AFP.Plus tôt, la coalition avait mené des raids sur la ville de Nalout (ouest), selon l'agence libyenne Jana.
Le secteur de la résidence du colonel Kadhafi, près du centre de Tripoli, avait été la cible de raids intensifs de l'Otan, lundi et mardi soir.
Un soulèvement populaire contre le régime autoritaire de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, a éclaté il y a 100 jours avant de se transformer rapidement en guerre civile.
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron se sont engagés mercredi à Londres à maintenir la pression militaire sur le régime.
Tout en reconnaissant "les limites inhérentes aux frappes aériennes" de l'Otan en Libye, M. Obama a estimé qu'un "processus lent, continu" finirait par pousser le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir.
Plusieurs membres de la coalition -Etats-Unis et France en tête- réclament clairement le départ du dirigeant libyen du pouvoir, voire du pays, et des sanctions financières ont été imposées contre des responsables du régime.
L'ONG Global Witness a indiqué que le régime libyen avait investi 1,27 milliard d'euros dans des fonds de la banque française Société Générale, un des placements favoris et désormais gelés aux côtés de la britannique HSBC et de l'américaine Goldman Sachs.
La révolte en Libye a fait des milliers de morts selon le procureur de la CPI, et poussé près de 750.000 personnes à fuir, selon l'ONU.
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