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Selon Reporter Sans Frontière, le journaliste pro-Gbagbo, Sylvain Gagnetaud, aurait été assassiné par les forces pro-Ouattara le 8 mai dernier. Cette nouvelle coïncide avec la parution d'un rapport d'Amnesty International qui somme le président ivoirien de cesser les exactions envers les partisans de Laurent Gbagbo. Le spectre de la vengeance devient de plus en plus préoccupant dans le pays.« Ils ont regardé sa carte d'identité et l'ont abattu »Le rapport d'Amnesty International, paru le mercredi 25 mai et intitulé : « Ils ont regardé sa carte d'identité et l'ont abattu » est le résultat d'une enquête qui avait pour but de faire la lumière sur les crimes commis durant la crise post-électorale.Gaëtan Mootoo et Salvatores Sagués, chercheurs pour l'Afrique de l'Ouest d'Amnesty International se sont rendus, entre janvier et avril 2010 dans l'ouest du pays. Le résultat de cette enquête montre l'ampleur de la violence qui a frappé la Côte d'Ivoire après l'élection présidentielle en décembre dernier.Aucun des deux camps n'est épargnéDans l'ouest du pays, des témoignages rapportent que des mosquées ont été brûlées, des Imams assassinés violemment par les partisans de Laurent Gbagbo. Par ailleurs, des témoins racontent avoir été attaqués par des hommes parlant dioula, probablement des soldats pro-Ouattara, sous prétexte de rechercher des armes déposées par Laurent Gbagbo. Des villageois ont été égorgés, tués à coups de machette, par balles, des femmes ont aussi été violées. Face à cette escalade de la violence, l'ONUCI, postée à moins de deux cents kilomètres de Duékoué, est resté impassible, malgré son mandat de protection des civils. Une attitude dénoncée par Amnesty International.Ces violences aux relents xénophobes remontent aux racines du conflit qui opposent Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, à savoir le concept d'ivoirité et les accusations contre Alassane Ouattara, appelé par son adversaire « le candidat de l'étranger ». « Un avenir inquiétant »Après six mois de conflit postélectoral, Alassane Ouattara se retrouve aujourd'hui à la tête de l'Etat. Pourtant, le plus dur reste à faire. Salvatore Saguès, chercheur pour l'Afrique de l'ouest, annonce être « très inquiet pour l'avenir de la Côte d'Ivoire, car les crimes continuent. Rien n'est réglé ». Les soldats des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) continuent leurs descentes dans les villages au prétexte d'être à la recherche de caches d'arme. Ces descentes ne se font pas sans violences et des exactions continuent d'être commises, souligne Amnesty International. « Alassane Ouattara doit ordonner aux troupes d'arrêter les persécutions et protéger la population » avertit Salvatore Saguès.Le nouveau président ivoirien a pourtant fait de la lutte contre l'impunité l'un des préalables à la réconciliation. Dans une lettre datée du 3 mai 2011, le chef de l'Etat a demandé à la Cour Pénale International l'ouverture d'une enquête sur les crimes commis à Duékoué. « Par la présente j'entends confirmer mon souhait que votre bureau mène en Côte d'Ivoire des enquêtes indépendantes et impartiales sur les crimes les plus graves commis depuis le 28 novembre 2010 sur l'ensemble du territoire ivoirien ». Mais pour Alassane Ouattara, « la justice ivoirienne n'est, à ce jour, pas la mieux placée pour juger les crimes les plus graves commis au cours des derniers mois ». Mais pour Amnesty International cela ne suffit pas. Pour l'ONG de protection des droits de l'homme, « il faut enquêter depuis 2002 » et faire la lumière sur tous les crimes commis depuis le début de la crise. Seule manière pour la Côte d'Ivoire de prendre un nouveau départ.Aïtana Badiane

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