Trois civils ont été blessés dimanche soir par des balles perdues lorsque des militaires ont tiré en l'air pour des revendications salariales à Dori, dans le nord du Burkina Faso, en proie à des mutineries de soldats depuis février, a-t-on appris lundi de source médicale.
Alors que des tirs ont été signalés à Dori et dans trois autres villes, des militaires sont aussi sortis dans les rues dimanche soir à Dédougou (ouest) et tiré en l'air lundi jusqu'en milieu de matinée.
A Dori, "trois personnes ont été blessées par des balles perdues", ont indiqué à l'AFP les services médicaux.Leurs jours ne sont pas en danger, selon la même source.
Quelques pillages ont été signalés durant la nuit dans cette ville située à 260 km au nord-est de Ouagadougou, où des militaires avaient tiré en l'air dans leur camp et au centre-ville, selon des témoins.
"Tout est fermé, les marchés et les services publics sont fermés", a indiqué un habitant lundi matin, parlant de rumeurs d'un nouveau mouvement."Les élèves ont été renvoyés à la maison, la ville est un peu déserte".
Le calme est revenu à Kaya (nord-est) ainsi qu'à Koupèla et Tenkodogo (est), également en proie à des troubles durant la nuit, ont rapporté des résidents.
A Tenkodogo, les militaires en colère sont allés dimanche soir "casser les magasins d'armes de la gendarmerie" mais n'y ont rien trouvé car les armes avaient été "cachées", a raconté un officier.
Les mutins "ont pris de l'essence chez un détaillant et des voitures et motos de particuliers", dont un véhicule du Haut-commissariat de la province, plus haute autorité administrative locale.
A Dédougou, ville proche de la frontière malienne où est basé le régiment de parachutistes commandos, "les militaires sont sortis vers 23H00" dimanche, "sont allés casser leur poudrière" et y ont "récupéré des armes et des munitions", a indiqué un policier.
"Actuellement, le calme est revenu, ils sont repartis dans les casernes" vers 10H00, a-t-il ajouté.
"C'est pour des questions de prime.D'après les explications que j'ai eues, ce sont des éléments de la classe (promotion) 2006 qui estiment qu'ils ont droit à une prime", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré, évoquant les événements de Kaya, Tenkodogo et Koupèla.
"Mais la hiérarchie (militaire) leur a expliqué qu'ils n'y avaient pas droit", a-t-il ajouté.
Le front social s'est enflammé depuis février au Burkina, avec en particulier des mutineries, parfois accompagnées de violences et de pillages, confrontant le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, à une crise sans précédent qui l'a conduit à s'octroyer le poste de ministre de la Défense.
La grogne persiste au sein de l'armée malgré les nombreux avantages financiers accordés ces dernières semaines par le pouvoir.
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