Libye: l'ONU dénonce des crimes de guerre, l'Otan prolonge son action

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TRIPOLI (AFP)

Une commission d'enquête de l'ONU a estimé mercredi que le régime libyen comme les forces de l'opposition avaient commis des crimes de guerre dans le pays, où l'Otan a décidé de prolonger ses opérations jusqu'à fin septembre.

Une commission d'enquête créée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a annoncé avoir identifié "une série de violations graves" des droits de l'Homme et du droit international humanitaire".

Elle a également évoqué "des crimes contre l'humanité et crimes de guerre" commis par les forces gouvernementales ainsi que "quelques actes qui constituent des crimes de guerre" de la part des forces d'opposition.

A Bruxelles, l'Otan a estimé que le départ du colonel Kadhafi n'était qu'une question de temps, alors qu'à Rome, le ministre libyen du Pétrole, Choukri Ghanem, a annoncé son souhait de rejoindre la rébellion.

"La question n'est pas de savoir si Kadhafi va partir, mais quand", a déclaré dans l'après-midi à Bruxelles le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.Cela "pourrait prendre un certain temps, mais cela pourrait aussi survenir dès demain", a-t-il précisé.

Quelques heures plus tôt, M. Rasmussen a annoncé dans un communiqué une prolongation pour trois mois de la mission de l'Otan en Libye, qui devait à l'origine s'achever à la fin du mois de juin.

"Cette décision envoie un message clair au régime de Kadhafi: nous sommes déterminés à poursuivre nos opérations pour protéger le peuple libyen", a-t-il ajouté.

"Notre décision envoie également un message clair au peuple libyen: l'Otan, nos partenaires, la communauté internationale dans son ensemble sont à vos côtés", a-t-il insisté."Nous sommes unis pour vous assurer que vous pourrez bâtir votre propre avenir.Et ce jour se rapproche", a-t-il insisté, même si la résolution de l'ONU autorisant l'intervention militaire internationale ne réclame pas le départ du colonel Kadhafi.

L'Otan a pris le 31 mars les rênes de l'opération militaire en Libye, lancée le 19 mars après plus d'un mois de révolte réprimée dans le sang par le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans.

Mais depuis, malgré plus de 9.000 sorties d'avions de l'Otan, dont près de 3.500 avec un objectif de frappe, le conflit semble s'enliser.

Mardi soir, l'Otan a procédé à de nouveaux bombardements sur Tripoli, cible de raids intensifs depuis près d'une dizaine de jours.Et mercredi, la ville d'Al-Jafra, dans le désert à 600 km au sud de Tripoli, a été la cible de raids de l'Otan pour le troisième jour d'affilée, selon la télévision d'Etat.

Selon un décompte du régime de Tripoli, les raids ont fait 718 morts et 4.067 blessés parmi les civils entre le 19 mars et le 26 mai.

"Nous n'avons aucune indication que ce soit le cas", a répondu une porte-parole de l'Otan, Carmen Romero, précisant que l'Alliance n'avait personne au sol pour évaluer l'impact précis de ses frappes."L'Otan mène ses opérations avec beaucoup de soin et de précision pour faire appliquer le mandat de l'ONU protégeant les civils".

A Benghazi, "capitale" de la rébellion, une forte explosion d'origine indéterminée a éventré deux voitures sur le parking d'un grand hôtel hébergeant des diplomates, des journalistes et des responsables de l'opposition, apparemment sans faire de victime, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Tripoli, le régime a continué de s'effriter.Le ministre du Pétrole, Choukri Ghanem, a déclaré à Rome avoir "quitté son pays" pour rejoindre la rébellion et "combattre pour un Etat démocratique", selon l'agence italienne Ansa.

M. Ghanem avait quitté la Libye il y a deux semaines pour la Tunisie puis pour une destination inconnue.Il a déclaré être arrivé à Rome mardi."J'ai travaillé en Libye pendant de nombreuses années, en pensant pouvoir faire des réformes de l'intérieur.Mais ce n'est pas possible, surtout maintenant que le sang a été versé", a-t-il expliqué.

Le conflit a fait des milliers de morts selon le procureur de la Cour pénale internationale, et poussé à la fuite 893.000 personnes, essentiellement des travailleurs migrants, selon l'ONU.

Mercredi, les autorités tunisiennes ont dû venir en aide à 700 réfugiés partis de Libye pour l'Italie, mais dont l'embarcation est tombée en panne en pleine mer.Et les forces armées maltaises ont secouru une embarcation avec 76 réfugiés fuyant la ville rebelle de Misrata.

Au moins 1.200 personnes ayant quitté la Libye pour rejoindre l'Europe en bateau sont mortes ou portées disparues depuis trois mois, selon l'ONU.

D'autre part, le haut commandant des forces américaines pour l'Afrique (Africom), le général Carter Ham, a évoqué "la prolifération des armes dans la région en provenance de Libye" et susceptibles de "tomber entre les mains d'Al-Qaïda", assurant partager l'"inquiétude des pays du Sahel" à ce sujet.

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