La France et la Grande-Bretagne ont déployé samedi pour la première fois leurs hélicoptères de combats contre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi, une semaine après l'annonce par Londres d'une "deuxième phase" des frappes de l'Otan contre le régime libyen.
Les appareils français Tigre et Gazelle, et britanniques Apache, ont conduit des frappes au sol dans la nuit contre des équipements et des forces de l'armée gouvernementale, a annoncé l'Otan.
Les Apache, des appareils très utilisés en Irak et en Afghanistan, ont détruit une installation radar et un poste de contrôle militaire situés près de Brega, ville côtière de l'Est libyen, a indiqué le ministère britannique de la Défense.
"Une vingtaine d'objectifs, dont une quinzaine de véhicules militaires, notamment des pick-up armés", ont été détruits, a dit à l'AFP le porte-parole de l'état-major français, le colonel Thierry Burkhard.Des structures de commandement de l'armée libyenne ont également été visées, a-t-il précisé.
Plusieurs hélicoptères ont dû riposter à des tirs d'armes légères en provenance du sol, mais aucun appareil n'a été touché, a-t-il poursuivi.
Ils ont ensuite rejoint sans encombre leurs porte-hélicoptères respectifs déployés au large des côtes libyennes, le Bâtiment de projection et de commandement (BPC) français Tonnerre et le HMS Ocean britannique.
"Ce succès démontre les possibilités uniques offertes par le recours à des hélicoptères de combat", a estimé dans un communiqué le général Charles Bouchard, commandant en chef de l'opération de l'Otan en Libye.
Ce recours permet à l'Alliance atlantique de disposer d'une "flexibilité supplémentaire pour repérer et s'attaquer aux forces pro-Kadhafi qui ciblent délibérément les civils et cherchent à se cacher dans des zones habitées", note le texte.
Le déploiement de ces appareils intervient plus de deux mois après le début de l'intervention internationale, sous mandat de l'ONU, visant à protéger les populations civiles de la répression du régime libyen.
Dans son rapport quotidien, l'Otan a par ailleurs dit avoir bombardé vendredi à Brega deux centres de commandement et de contrôle ainsi qu'un camp de l'armée libyenne.
Face à l'enlisement du conflit, et pour éviter les risques de toucher des populations lors de frappes en milieux urbains, Paris et Londres avaient annoncé la semaine dernière l'envoi d'une vingtaine de Tigre et de Gazelle français, et de quatre Apache britanniques.Les opérations de l'Otan entrent dans "une nouvelle phase", avait alors fait valoir, le 27 mai, le Premier ministre britannique David Cameron.
Sur le front diplomatique, la rébellion continuait à oeuvrer pour être reconnue internationalement.
Pékin a ainsi annoncé vendredi que l'ambassadeur de Chine à Doha, Zhang Zhiliang, avait rencontré ces derniers jours Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT, organe politique des rebelles).
Les deux parties ont procédé à un échange de vues sur la situation en Libye", a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise, répétant que la Chine espérait que la crise pourrait "être résolue par des moyens politiques et que l'avenir de la Libye (serait) décidé par le peuple Libyen".
A Moscou, l'envoyé spécial du président Dmitri Medvedev, Mikhaïl Marguelov, a annoncé samedi qu'il s'envolerait lundi soir pour la Libye afin "de rencontrer des représentants de l'opposition et d'autres forces politiques à Benghazi", capitale de la rébellion.
Membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU avec droit de veto, la Chine et la Russie s'étaient abstenues lors du vote en mars autorisant les frappes aériennes.
Moscou s'est depuis résolue à réclamer comme les Occidentaux le départ du colonel Kadhafi.
Selon la presse japonaise de samedi, le Japon a gelé 4,4 milliards de dollars d'avoirs appartenant à M. Kadhafi et à son entourage.
Mais jusqu'à maintenant, ces mesures coercitives, ni les défections de dirigeants politiques et militaires, n'ont fait reculer le Guide libyen, au pouvoir depuis près de 42 ans.
Lancée à la mi-février dans la foulée des soulèvements en Tunisie et Egypte voisines, l'insurrection libyenne et sa répression a fait entre "10.000 et 15.000 morts", et entraîné la fuite de 890.000 personnes, selon l'ONU.
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