Pour un pays où la politique a été caractérisée pendant des décennies par l'arrogance et la vantardise, le premier débat entre des candidats à la présidence égyptienne s'est révélé particulièrement calme et courtois.
Si courtois que des candidats ont obligé les organisateurs à abandonner le format de débat et à permettre à chacun d'entre eux de répondre à des questions préparées à l'avance, sans avoir à faire face à un opposant.
Mais cet événement, retransmis en direct à la télévision depuis un hôtel du Caire, est ce que l'Egypte a connu de plus ressemblant à un débat intellectuel entre des hommes --la seule candidate, Bouthaina Kamel, n'est pas venue-- voulant diriger le pays.
L'armée, à la tête de l'Egypte depuis qu'un soulèvement populaire a renversé le président Hosni Moubarak en février, n'a pas encore fixé de date au scrutin présidentiel.Les législatives, elles, sont prévues en septembre.
Le premier à parler a été Ayman Nour, un ancien député qui avait défié M. Moubarak à la présidentielle de 2005 et s'était retrouvé peu après en prison après un procès controversé pour fraude et falsification de documents, des accusations qu'il a toujours niées.
Cette fois, le défi du volubile candidat libéral a été de répondre à un maximum de questions avant qu'un organisateur ne tire une sonnette pour marquer la fin du temps qui lui était imparti.
Cela a ensuite été le tour de l'ancien député de gauche Hamdine Sabahi, qui a promis de cesser l'exportation de gaz vers Israël s'il était élu.
Il a été suivi par un ancien chef d'état-major de l'armée, Magdi Hatata, dont les réponses sont restées pour le moins laconiques -- déformation professionnelle, a-t-il expliqué.
Le magistrat réformiste Hicham Bastawissi a été le dernier à s'exprimer.
Les deux principaux candidats, le chef sortant de la Ligue arabe Amr Moussa et l'islamiste Abdel Moneim Aboul Foutouh, ont brillé par leur absence.
Tous les candidats ont affirmé qu'ils s'opposaient à un état théocratique et qu'ils étaient favorables à un système démocratique, mélange d'un système présidentiel et parlementaire.
"A la maison, je suis musulman ou Copte.Mais dans la rue, je suis Egyptien", a affirmé le général Hatata, qui a été chef d'état-major de 1995 à 2001."L'Etat religieux s'est éteint avec la mort du prophète Mahomet", a-t-il insisté.
Tous les candidats ont en outre promis un réexamen de l'accord de paix avec Israël et une amélioration des relations de l'Egypte avec l'Iran.
M. Nour, pour qui l'ancien président américain George W. Bush avait fait pression sur Le Caire, a affirmé que s'il devenait président, l'Egypte ne suivrait pas aveuglément Israël et les Etats-Unis.
M. Moubarak, un proche allié de Washington, était accusé d'être trop aligné sur les politiques de Washington et de l'Etat hébreu.
L'accord de paix avec Israël doit être revu pour permettre la présence de davantage de troupes égyptiennes dans le Sinaï, a ajouté M. Nour.Les autres candidats ont acquiescé.
"Toute personne arrivant (au pouvoir) par la volonté populaire ne pourra pas jouer le rôle humiliant adopté par l'ancien régime", a renchéri M. Sabahi.
L'Egypte a été le premier pays à signer la paix avec Israël en 1979, mais l'Etat hébreu reste très impopulaire parmi les Egyptiens, qui critiquent sa politique envers les Palestiniens.
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